FAKE NEWS : Le décryptage

En 2016, 24 nouveaux sites de fake news par mois étaient créés aux Etats-Unis. En 2017, c’était 22 par mois en moyenne.

La rumeur existe depuis la nuit des temps. Et pourtant, aujourd’hui, l’essor de ces mensonges créés de toute pièce représente un réel danger pour la démocratie : le doute est omniprésent. 

Une fake news est une information fausse, souvent sensationnelle, diffusée sous le couvert de reportages. Ces informations sont produites sous forme journalistiques, fournissant ainsi une source d’information si complète que la forme incite immédiatement à la confiance. 

Les fake news peuvent revêtir plusieurs formes : détournement d’image et/ou vidéos, usage de faux comptes pour parler sous le nom d’une personne pour attaquer sa crédibilité et/ou son image, rédaction d’articles, créations de faux documents… 

Les fake news ont connu leur apogée fin 2016, lors de la campagne de Donald Trump. Nombreux sont les scandales qui ont éclatés, visant à déstabiliser son adversaire, Hilary Clinton. 

On constate que l’exigence de vérité perd du terrain d’année en année : les propos mensongers se banalisent, et ne sont, par moments, même plus sanctionnés. 

C’est l’usage des réseaux sociaux et l’effet viral porté par ceux-ci, qui a permis cette nouvelle diffusion d’informations, à la manière journalistique. 

Facebook, Twitter et Google détiennent un rôle prédominant dans l’accroissement des fake news. En effet, ces réseaux permettent à tous de s’exprimer à part égale, permettant à chacun de devenir un réel acteur de l’information. Ainsi, par exemple, chacun peut créer sa page “média”, se prôner journaliste d’un nouveau média tendance, et faire circuler des informations altérées ou montées de toute pièces.

Il suffit donc qu’un échantillon d’internautes accorde de la crédibilité à ces informations, les partagent sur leurs propres canaux de communication, pour qu’un buzz énorme éclate autour d’une information dénuée de toute vérité. Pourquoi les internautes accordent ils tant de crédibilité à une information non vérifiée ? Selon une étude du Magazine Science, c’est l’émotion ressentie au moment de la lecture de l’information qui pousse au partage. Les fake news inspirant bien souvent le dégout, la colère ou la surprise, le partage devient plus facile que lorsque l’on fait face à une information satisfaisante. 

Le problème ? La diffusion d’une fake news est un réel cercle vicieux : il faut six fois plus longtemps à la vérité pour toucher un échantillon de 1500 personnes qu’à l’information faussée. 

La marque Kellogg’s en a fait les frais : passant par une régie publicitaire afin de pousser leur publicités auprès des internautes, la marque a un jour découvert que ses produits étaient diffusés sur le site Breitbart News, animé par l’ex conseiller de Donald Trump. Ne souhaitant être associé à un parti politique, la marque a ordonné le retrait de ses annonces du site en question. 

Netflix, de la même manière, s’est retrouvé un jour accusé d’avoir contacté l’un de ses abonnés, sous prétexte que celui-ci avait passé 10h par jour pendant une semaine sur la plateforme. Un scandale a éclaté autour de la protection des données personnelles des utilisateurs. 

Starbucks, a son tour, a du combattre contre ce fléau : un post anonyme posté sur un forum accuse la marque d’offrir gratuitement une boisson à tous les immigrants entrés illégalement aux États Unis. 

Vous vous souviendrez également tous d’Air France, qui a été accusé de gonfler abusivement ses prix Saint Martin – Paris, suite a l’ouragan Irma qui a dévasté une partie des Antilles.

Toutes ces informations sont bien évidement totalement fausses.

20% de l’échantillon interrogé (soit 32% des 18-24 ans) ont avoué avoir fait confiance à une information sur une entreprise ou institution, relayée par les médias et/Ou les réseaux sociaux, avant de découvrir que celle-ci était fausse. 

26% d’entre eux ont admis avoir partagé une/des information avec des proches, avant même de savoir si celle-ci était avérée ou non. 

Pour lutter contre ces fake news, susceptibles de ruiner votre image ou réputation, une communication claire, transparente et quotidienne est indispensable. 

En manque d’informations capitales sur l’entreprise, son fonctionnement, ses valeurs, les internautes auront davantage tendance à croire et à se référer aux informations véhiculés par les médias et les réseaux sociaux. 

Ces fake news proviennent donc de réelles failles dans la communication, interne comme externe : une mauvaise communication interne peut provoquer incompréhension et donc, risquer la transmission d’une information totalement faussée, voire inventée de toutes pièces. 

Pour éviter les fake news et de nuire à l’e-réputation d’une marque, c’est l’anticipation qui est de mise. 

Il est donc primordial d’effectuer une veille permanente sur les moteurs de recherche et réseaux sociaux, afin d’identifier les points qui pourraient impliquer un bad buzz. Les parties prenantes doivent être clairement identifiées, afin de construire un discours clair et adapté sur l’entreprise, son identité et ses valeurs. 

Et après ?

Une fois que la fake news est sortie, plus moyen de faire retour en arrière : une réponse rapide, claire et rassurante doit être communiqué à l’ensemble des communautés touchées par la nouvelle ! 

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